Monday 16 of May 2011

Média global: La Commission africaine des droits de l’homme plaide pour la protection des journalistes

La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) s’est déclarée préoccupée par la sécurité des journalistes en Afrique et a appelé les pays membres de l’Union africaine à protéger les journalistes dans l’exercice de leur profession.

Dans une résolution sur la sécurité des journalistes et des professionnels des médias en Afrique adoptée à l’issue de la 49-ème session ordinaire de la CADHP à Banjul vendredi, elle a noté avec préoccupation la dégradation de la situation sécuritaire des journalistes et des professionnels de la presse dans certains pays africains.

"Des assassinats, agressions et enlèvements de journalistes, qui sont contraires au droit humanitaire et aux principes des droits de l’homme, sont souvent commis dans un environnement d’impunité", selon le CADHP.

Pour assurer la sécurité des journalistes, elle a invité les Etats membres de l’Union africaine "à respecter leur obligation de prévention et d’enquête sur les crimes commis contre les journalistes et à traduire leurs auteurs en justice".

La résolution a également invité toutes les parties impliquées dans des situations de conlit armé à respecter l’indépendance et la liberté des journalistes et des professionnels de la presse à exercer leur profession et à garantir leur sécurité conformément au droit humanitaire international.

"Nous nous félicitons que la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples reconnaisse l’importance de la sécurité et de la protection des journalistes en Afrique", a déclaré le président de la Fédération des journalistes africains (FJA), Omar Faruk Osman.

"Cette résolution ne pouvait être prise à un moment plus opportun que celui-ci où les journalistes en Afrique, dont la sécurité est gravement et délibérément menacée, et où ils ont le plus besoin d’être protégés afin de pouvoir reporter ce qui se passe sur le continent et exercer le droit à la libre expression et à la liberté de la presse", a-t-il ajouté.

Le projet de résolution sur la sécurité des journalistes et des professionnels de la presse en Afrique a été élaboré par la FJA et la Fédération internationale des journalistes (FIJ), en étroite collaboration avec ARTICLE 19, une organisation de défense des droits de l’homme qui défend la liberté d’expression et la liberté d’information à travers le monde.

La FJA a lancé une campagne de promotion de la sécurité et de la protection des journalistes en mars 2010, à laquelle, elle a associé la Commission de l’Union africaine (CUA) en septembre 2010, avec qui elle a organisé en septembre 2010 un séminaire régional sur la sécurité des journalistes avec le soutien de partenaires majeurs comme le British Trade Union Congress (TUC) et l’Union nationale des journalistes du Royaume-Uni et d’Irlande (NUJ).

Dans une communication sur la "sécurité et la protection des journalistes africains", M. Osman a déclaré devant la CADHP que la situation de la liberté d’expression et de de la presse se dégradait de plus en plus en Afrique.

Les journalistes et les autres professionnels des médias continuent à subir des attaques ciblées, des menaces, des violences physiques et des assassinats dans les situations de conflit armé et d’autres circonstances violentes, a-t-il indiqué.

"Les journalistes sont persécutés et leurs droits délibérément violés pour avoir effectué leur travail quotidien, permis à la population d’exercer son droit à l’information et accompli leur mission de surveillance de la vie politique et sociale et pour avoir demandé des comptes à des personnalités et institutions publiques", a-t-il déclaré.

Le président de la FJA, également secrétaire Général de l’Union nationale des journalistes somaliens, a souligné que les attaques contre les journalistes avaient atteint de nouveaux sommets et étaient similaires dans leur nature, leur intensité et leur gravité.

Selon lui, les journalistes risquent toujours leurs vies en Somalie, qui reste le pays le plus dangereux d’Afrique pour leur profession.

Dans d’autres pays, l’intimidation brutale des journalistes, en ciblant directement leurs sources de renseignements et en imposant des règles restrictives, est devenue un outil de choix pour les gouvernements soucieux de contrôler le flux de l’information, selon M. Osman.

Il a ajouté que le danger de l’impunité et le manque de sécurité auxquels les journalistes sont quotidiennement confrontés avaient un impact énorme sur la liberté d’expression et privaient les populations de leur droit à l’information.

"La pénalisation du journalisme est incompatible avec les lois internationales sur la liberté d’expression", a estimé M. Osman.

 

May 14, 2011 by InfoPlus Gabon

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Source: www.infosplusgabon.com/article.php3?id_article=6428 (Accessed: 16.05.2011)